J’ai longtemps imaginé que leurs vies – depuis qu’elles ont été capturées – doivent être infernales. 2 femmes, capturées et contraintes à vivre dans la jungle, soudainement coupées de tous liens avec l’extérieur: familles, relations, civilisations. La solitude complète en fin de compte.
J’imaginais aussi qu’elles ne doivent pas mener un train de vie tranquille étant donné qu’elles doivent s’adapter au rythme de vie de ces guérilleros. Etant considérées comme de la monnaie d’échange et vu les traitements infligés généralement aux personnes prises en otage, je pensais qu’elles vivent une véritable injustice.
100 ans de solitude a dit Garcia Marquez dans son livre, j’imaginais que c’est tout comme pour elles à bientôt 6 ans de captivité.
Mais voilà, toute mon incrédulité est partie lorsque j’ai entendu que les guerilleros ont fait une déclaration, relayée par les médias internationaux: le petit Emmanuel qui vient d’être libéré est finalement le fils de l’une des otages (Clara Rojas) et d’un guerillero. J’avoue que je n’y comprends plus rien. Soit la femme a été violée et dans ce cas, cela confirme encore les conditions inhumaines de leurs détentions; soit, histoire d’amour il y a eu qui a donné naissance à ce bébé et alors dans ce cas me viennent plusieurs questions:
- Aurait-elle encore envie de retourner à sa vie d’avant?
- Vit-elle un véritable calvaire ou bien lasse de combattre en permanence, elle a choisi la résilience?
- Serait-elle parmi ces nombreux cas où la victime à force de cotôyer son bourreau en vient à témoigner de l’affection pour ce dernier?
C’est moi ou bien vous vous êtes aussi posés de telles questions?











