Samedi dernier, j’étais allée dans un magasin de cosmétiques pour chercher une crème anti-boutons (ma crise d’acnée revenant périodiquement comme si j’avais encore 14 ans) et illuminateur de teint. Le problème quand je vais dans ces genres de magasins c’est que parmi les milliers de produits qu’ils exposent, je n’arrive jamais à me décider vite sur quel produit choisir. C’est comme si devant le trop grand nombre de produits offerts à la consommation, la mienne (de consommation) se trouve bloquée. Remarque, c’est pas pareil pour les magasins de fringues car même s’il y a autant de produits, on peut balayer d’un coup d’oeil ce qui peut satisfaire ou pas. Tandis que dans le choix de produits cosmétiques, non seulement les produits sont tous à peu près pareils mais il faut lire attentivement les spécificités de chacun d’eux pour ne pas se tromper. L’influence psychologique est d’autant plus forte que pour les fringues on peut en changer si ça ne plaît pas sans que ça entraîne des sequelles personnelles permanentes, alors que pour les crèmes si ça marche pas ben on peut en garder des traces qu’on peut regretter bien longtemps. Bref, j’y fais vachement attention et au pire si vraiment j’en trouve pas, je préfère ne pas en mettre que de se tromper.
Mais cette fois-ci, j’étais bien déterminée à en trouver une et à force de perdre du temps à errer dans les rayons, j’ai fini par faire appel à une vendeuse. Elle m’a fait faire le tour des rayons en me posant des questions – comment dire – très très scolaires sur le coup genre: “Vous avez parfois des rougeurs sur la peau?”. Moi je plissais les sourcils. Elle qui enchaine: “Vous savez les rougeurs occasionnels comme quand vous vous êtes trop exposés au soleil ou quand vous faites des réactions allergiques ou quand vous êtes enceinte ou quand vous avez beaucoup de soucis?!”. Dans ma tête, je me disais que déjà j’ai la peau mate (elle a pas remarquée?) donc les rougeurs ça se voit moins, j’ai pas encore été enceinte, et c’est quoi le rapport avec les boutons? J’ai fini par lui dire que non j’ai pas de rougeurs et c’est pas vraiment le problème. Ah oui c’est les boutons c’est vrai, qu’elle me dit et on refait le tour.
L’autre problème c’est que quand je suis face à des gens qui ne sont pas très clairs dans ce qu’ils disent, ma tendance à l’extrapolation s’accentue aussi. Si bien que quand elle m’a demandé: “Vous prenez quoi le matin?”, j’ai pensé à mes habitudes de vie qui peuvent peut-être influencer la texture de ma peau. J’ai pensé au café que je prends habituellement le matin et à la cigarette. Et impulsivement je lui ai répondu: “ben je prends du café, pourquoi?”. Et là elle partait dans un fou rire. Sciée j’étais. Je me suis vite reprise en lui disant quelles marques j’utilise pour laver mon visage et l’hydrater, parce qu’en effet c’était le sens de sa question. J’étais toute honteuse et quelque part un peu vexée, vue que ça m’a travaillé une partie du week-end. Je me suis alors posée la question: c’est moi qui ne comprend pas les subtilités du français ou bien? Parce que, elle m’aurait dit: “Vous mettez quoi sur votre visage le matin?”, je ne me serais pas trompée de réponse …
Bref, j’ai quand même trouvé LA crème et je vais essayer pour voir.
PS: Je me suis étonnée moi-même dimanche matin: après une virée en boîte, quelques grammes d’alcool dans le sang – enfin assez pour avoir la tête qui tourne pas mal – j’ai encore voulu et me suis débattue pour que la veilleuse reste allumée pour que je puisse lire quelques pages de “La petite marchande de prose” de Daniel Pennac
Et après quand on me dit que je garde des airs sérieux même si j’essaie de faire tout pour ne pas l’être, je commence à comprendre. Même si je sais pas si je dois prendre ça pour un compliment …











