Je vais faire un retour de ma “pause-blogging” avec un coup de gueule. J’avoue c’est peut-être pas trop marrant mais bon, je viens de passer quelques jours dernièrement avec des gens qui ne parlaient que de ça, l’environnement, et je suis carrément outrée par les points de vue de certains fervents ardeurs de cette cause. Je me positionne ici dans le politiquement incorrect – enfin c’est selon les sensibilités de chacun n’empêche – et je vais sûrement choquer plus d’un mais tant pis je vais le dire quand même.
Alors, le point de départ des discussions a été le Facteur 4, autrement “comment réduire l’émission de gaz à effet de serre afin de prévenir le réchauffement climatique”. Une petite remarque quand même s’impose c’est que parmi les gens qui discutaient, je suis la seule qui n’a pas de formation scientifique (je suis nulle en Physique Chimie depuis le Lycée) et la seule à ne pas être Ingénieure. Donc pendant les discussions et même ici, je ne rentre pas dans les détails techniques genre limiter à 550ppm la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère afin de maintenir le réchauffement à 3°. J’y comprends rien en fait, j’ai même pas envie de creuser plus là-dedans, je constate juste les faits.
Alors ces gens-là, ils disent que pour atteindre ce fameux Facteur 4 qui nous permettrait à tous de vivre sainement, il faut entre autres:
- Ne plus faire de déplacement en avion
- Ne plus manger de viande (sic: parce que la production de viande consomme énormément d’énergie)
- Ne plus utiliser de chauffage
- Se mettre en multi-propriétés écologiques
Ce qui me met vraiment hors de moi c’est la non-cohérence de ces gens dans leurs convictions. Notamment, ils prônent une révolution de la mentalité et des modes de vie qui devront aller dans ce sens. J’adore la révolution, mais pas dans ce cadre-là; suis-je une réfractaire pensez-vous? Non mais quand on me dit que la consommation d’énergie d’une personne qui fait un vol Paris – New York est équivalent à ce qu’il consomme pendant une année en ne se déplaçant pas; et que je rétorque qu’on ne peut pas empêcher les gens de se déplacer en avion si ils veulent (sur les vols longs courriers on s’entend bien); et puis qu’on me répond candidement que c’est très simple, les gens ne doivent plus faire de déplacement en avion c’est tout; je suis vraiment enragée. Et ce discours vient d’une fille qui travaille dans les photovoltaïques, qui est originaire du Liban et qui se déplace là-bas en avion au moins une fois par an. Alors, je suis désolée mais je pense qu’on a dépassé le temps du Titanic où il fallait faire au moins 3 mois de bateau pour traverser les océans et risquer de sombrer en pleine mer. Encore que je suis pas sûre que faire une longue traversée en bateau soit moins polluant. J’ai même failli lui lancer que dans ce cas-là, elle n’a qu’à faire ses voyages en radeau mais elle s’en serait sortie parce que de la France, elle pourrait aller au Liban sans traverser les océans. Ca me fait peur ces intégrismes dans les convictions, surtout lorsqu’on veut défendre ses points de vue en voulant changer la mentalité générale.
C’est pareil lorsque je vois certains qui refusent de prendre les escalators et les ascenseurs parce que ça consomme de l’énergie. Ont-ils pensé qu’il y a certaines personnes (qui ne sont pas minoritaires du tout) qui ont besoin de ces installations? Et même moi, j’espère ne pas être la seule, quand je rentre crevée du travail je suis soulagée de prendre les escalators.
Concernant la consommation de viande, je ne suis pas du tout végétarienne à la base. Et on peut me montrer toutes les démonstrations mathématiques que l’on veut sur le taux d’énergie que ça consomme, on ne peut pas m’interdire de manger du bon jambon ou du porc. Et je trouve que cette tendance à vouloir ne consommer que du Bio, c’est rien que de la beauf-attitude. Parce qu’on râle sur la baisse du pouvoir d’achat, mais on s’acharne à maintenir un standing Bio que l’on sait pertinemment être hors de prix. Pour moi, c’est juste un effet de mode et je préfère de loin défendre les causes du commerce équitable où je pense qu’il y a des résultats beaucoup plus immédiats et plus désintéressé. Attention, ça ne veut pas dire que je vais au MacDo tous les jours, non, j’achète pas juste Bio à moins que les prix ne deviennent plus abordables.
Enfin, concernant la question du chauffage, je n’ai pas besoin d’être écolo pour ne pas en consommer. C’est juste que pour raison économique, je peux me passer de chauffage en hiver. Mais apparement, la réduction du chauffage seule ne permet pas d’atteindre le Facteur 4. Maintenant j’aimerai savoir comment vont réagir les gens qui habitent dans les régions de grand froid du type Canada ou la Norvège, si pendant l’hiver on leur supprime le chauffage …
Par rapport à tout ça, moi je dis tout simplement que c’est parfaitement noble de vouloir être écolo, mais dès fois il faut être réaliste aussi. Je suis d’accord qu’il y a des endroits dans le monde où on meurt à cause du réchauffement climatique mais une sensibilisation écologique réelle doit être suivie à mon avis de grands renforts de moyens financiers et d’adaptations culturelles. Que l’on supprime les avions polluants mais que l’on fabrique alors des avions tout électrique. C’est faisable?
Vous aurez compris que maintenant je suis devenue allergique avec les mots écolo, écologie, environnement. Peut-être aussi que je suis tombée sur des écolos complètement bornés et que je pourrai être moins réfractaire si on me donne des solutions plus réalistes. Mais bon, pour me consoler je n’ai jamais autant consommé de chocolats (des chocolats végétaliens ça existe?), et j’ai utilisé à max mon ordi pour regarder la 100ème de One Tree Hill, Juno, Atonement, A bord du Darjeeling Limited, entre autres. Tous excellents ceci-dit. Pour réduire la consommation d’énergie, il faut supprimer tous les ordinateurs, qui serait prêt???