Sur la dépendance amoureuse

Je me suis souvent posée cette question suite à des constatations personnelles que j’ai faites mais aussi en observant certains couples et célibataires de mon entourage. La plupart du temps, il ressort que l’on devient vraiment « accro » à une personne que l’idée de rester seul(e) sans la présence de l’autre ne serait-ce que quelques instants devient vraiment insupportable. Quand on ne cesse de regarder son téléphone en attente du moindre appel ou sms, quand on ne supporte plus l’idée de passer un week end seul sans son compagnon ou de dormir seul ou encore quand on persiste à rester dans une relation « boiteuse » car on a peur de la solitude, on peut dire qu’il y a un vrai problème de dépendance affective, un besoin d’amour compulsif, de la même manière qu’on peut être dépendant de la cigarette, de drogues ou d’alccol.

Je pense que cette maladie – je dis maladie parce que c’est un état qui fait vraiment souffir – est le propre de la génération actuelle. Alors que j’imagine que pas plus tard qu’au début du siècle dernier, lorsqu’il n’y avait pas encore ces nouvelles technologies qui nous encombrent (téléphone portable, internet, sites de rencontres, …), je pense que les amoureux s’armaient plus de patience et de confiance pour combler leurs peines. Maintenant on veut tout tout de suite, on considère que ceux qui ne sont pas en couple sont des ratés finis et définitivement hors contexte du mouvement général. Une véritable culte de la passion s’est installée, on veut l’amour à tout prix.

Cette addiction, quête effrenée, amène à un déséquilibre lorsqu’enfin on s’installe en couple. Comme le disait un psychanaliste, dans un couple on s’attend souvent à ce que « l’autre va me servir à combler mes attentes, à passer mes craintes, à obtenir ce que je n’ai pas reçu ou à retrouver ce que j’ai perdu. Un couple est toujours beaucoup plus que l’addition de deux personnes. C’est un véritable ensemble dynamique (…) : il n’y a pas de persécuteur sans persécuté, de protecteur sans protégé, d’actif sans passif, de dévoué sans égoïste ». J’ai beaucoup d’exemples de personnes dans cette situation, et peut-être même quelque part j’en fais aussi partie. Ainsi, une amie à moi s’arrange toujours pour être dans des histoires compliquées où le gars est déjà marié et a des enfants. Du coup, elle est malheureuse parce qu’elle n’est jamais satisfaite; elle subit les indifférences, les absences prolongées sans aucunes explications, l’image du gars avec sa famille qui la mine de plus en plus. Tous les soirs, elle attend son appel mais n’ose pas appeler de peur de démasquer leurs relations. Et pourtant, elle ne veut pas arrêter la relation car semble t-il, c’est très dur d’être à nouveau seule.

La clé pour sortir de cet alienement est peut-être de réapprendre à s’aimer soi-même, de voir notre vie comme une entité à part entière qu’on doit s’occuper nous même avant de s’investir dans la vie de l’autre. En bref, donner du sens à sa vie sans la voir attachée à la vie d’un autre. C’est un exercice pas facile à faire j’avoue, parce qu’on est toujours tenté de voir son épanouissement par l’intermédiaire du regard de l’autre. Il nous est difficile de se regarder dans un miroir et de faire le point sur ce qui va et ce qui ne va pas. Mais un jour ou l’autre, il est nécessaire de le faire. D’ailleurs, j’ai trouvé un texte assez bien fait ici, qui peut aider à faire le point sur le sujet. En guise de conclusion, j’aimerai citer cette remarque du Dalaï Lama:

    « Le vrai bonheur ne dépend d’aucun être, d’aucun objet extérieur. Il ne dépend que de nous… »

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