Feuilleton au pays de Garcia Marquez

J’ai longtemps imaginé que leurs vies – depuis qu’elles ont été capturées – doivent être infernales. 2 femmes, capturées et contraintes à vivre dans la jungle, soudainement coupées de tous liens avec l’extérieur: familles, relations, civilisations. La solitude complète en fin de compte.

J’imaginais aussi qu’elles ne doivent pas mener un train de vie tranquille étant donné qu’elles doivent s’adapter au rythme de vie de ces guérilleros. Etant considérées comme de la monnaie d’échange et vu les traitements infligés généralement aux personnes prises en otage, je pensais qu’elles vivent une véritable injustice.

100 ans de solitude a dit Garcia Marquez dans son livre, j’imaginais que c’est tout comme pour elles à bientôt 6 ans de captivité.

Mais voilà, toute mon incrédulité est partie lorsque j’ai entendu que les guerilleros ont fait une déclaration, relayée par les médias internationaux: le petit Emmanuel qui vient d’être libéré est finalement le fils de l’une des otages (Clara Rojas) et d’un guerillero. J’avoue que je n’y comprends plus rien. Soit la femme a été violée et dans ce cas, cela confirme encore les conditions inhumaines de leurs détentions; soit, histoire d’amour il y a eu qui a donné naissance à ce bébé et alors dans ce cas me viennent plusieurs questions:

– Aurait-elle encore envie de retourner à sa vie d’avant?
– Vit-elle un véritable calvaire ou bien lasse de combattre en permanence, elle a choisi la résilience?
– Serait-elle parmi ces nombreux cas où la victime à force de cotôyer son bourreau en vient à témoigner de l’affection pour ce dernier?

C’est moi ou bien vous vous êtes aussi posés de telles questions?

6 réponses à “Feuilleton au pays de Garcia Marquez

  1. Soit au bout d’un certain temps le manque de cul peut prendre le dessus… Comme disait Jean-Claude Dus, « on est pas des betes »… et sur un malentendu…
    JE dis ca sur le ton de la deconnade, mais en fait on peut se poser la question. Comment fait-on en captivite? a mon avis, y’a des instincts qui doivent se faire sentir, non?

  2. Piou> En effet, c’est tout à fait possible aussi: essayer de trouver du plaisir malgré le mal-être quotidien dans lequel on se trouve … Mais dans ce cas, toutes blocages psychologiques quelles que soit les conditions sont donc tout à fait relatives?

  3. ahhh tu sais le syndrôme de Stockolm est plus profond que ça..il touche toutes les femmes mariées battues par leur mari aussi. Ce type de prise en otage comme les guerres d’occupation est une tactique déjà exploitée depuis l’Antiquité avec les empereurs romains qui prenaient les enfants de leur ennemis pour les éduquer à la romaine et leur faire détester leurs nations.
    Clara même si elle aura développé des sentiments pour ses geoliers restera toujours une victime.

    ok super seech c’est dimanche je vais aller prendre mes antibiotiques

  4. La seule chose qui me vient à l’esprit dans ce type de situation extrême s’appelle l’instinct de survie.
    La mort doit rôder partoot et soos tootes ses formes ( menace, hypothèse…)quand on est en captivité.
    Quoi de plus évident que la vie pour survivre?

  5. Il est difficile voire impossible pour nous de savoir comment ça se passe pour ces femmes, les repères doivent être complètement chamboulés…

  6. jogany> Syndrôme de Stockholm voilà le terme que je cherchais …

    tymilk> Pas faux du tout!

    bambi> C’est sûr, même que leurs convictions politiques auront peut-être complètement changées …

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